
Ce matin il fait encore nuit.
Ahurie, c'est trop long pour émerger du sommeil.
Mes pensées sont vagues, vaguement étouffantes.
ma perspective est sombre, indélébile, putréfactive.
Je n’exagère rien.
Je me pousse brusquement en position assise, les bras en l’air je crie (presque)
FORMIDABLE!!!!!
La journée commence, WONDERFULL!
puis je m’écroule.
je retourne m’affaler sur mon oreiller.
Imperceptible différence.
Je suis tout de même après cet élan un petit peu plus éveillée.
Cela est lié, oui c’est lié à ce qu’elle m’a montré dans la cours de béton tout craquelé. Avec sa chemise à carreaux beige, elle me montre ce que fait son corps si elle le laisse faire. Elle laisse son corps aller, ses épaules se referment sur sa poitrine, elle se laisse choir, mais elle m’explique qu’en faisant confiance à son corps , il lui dicte une autre perspective, à une condition: qu’elle s’abandonne à lui, qu’elle l’écoute, qu’elle aille dans le sens de l’avalanche naturelle.
moi j'ai enfourché la mobylette autohaineuse.
Pas toujours mais quand ça mord ça mord,
Il me dit quoi mon corps?
mon corps lui se dilapide, tendu tout tendu comme une soie sur un cadre.
Sans cesse en quête d’une approbation extérieure.
Je suis une tortu(r)e. J’ai beau tenter de me crier FORMIDABLE, de me peindre les lèvres comme l’escalier extérieur, Il y a des jours quand je me regarde, tout dégouline, tout coule.
à l'intérieur, tu es tout de nacre, me dit-elle.
Dans la glace je me regarde et je vois l'escalier rose, repeint, la rouille en dessous quand tu regarde de près.
Ça dégouline et ça pend de partout, rien n’est en place, tout fuit, comme si j’avais oublié l’essentiel, je me penche avec une loupe déformante et je m’englue, j’ai l’impression d’être une caricature de moi même. L’escalier de loin brille, c’est glamour. Comme la travestie que je suis lorsque mon égo s'empare de moi pour me faire la fête.
Je vois encore le beau visage de ma voisine qui imite une grosse madame qui se met du gros rouge à lèvre gluant et qui demande autour d’elle; AM I PRETTY?
I see you. En suédois : I love you....
Voilà le noeud.
Voilà mon noeud.
I see you.
when you don’t see me...
I become an invisible, inarticulate, bobbing puppet.
I start to wrestle myself to the ground.
My body wants to crumble.
Déraciner.
J’ai vu dans une salle une projection: des gens de tous les jours chanter des chansons.
Chanter leur chanson. Ça m’a rendu triste. peut-être étais je déjà triste. Ces gens étaient touchants.
La dentiste n’était pas dans son corps, elle avait du travail à finir , elle chantait avec ses outils dans les mains,
en dessous d'elles, la cliente avait la bouche grande ouverte, c'était grotesque. Il y avait la vendeuse qui chantait devant ses poissons congelés une chanson d’amour en espagnol.
Je suis partie quand Corey hart me résonnait trop dans les oreilles, quand je me suis aperçue, qu’on avait bidouillé, la bande vidéo.
Je déteste me faire manipuler.
Une chanson chantée dans un cabinet de dentiste, dans un magasin, ou dans un bureau ça ne se bidouille pas.
Puis il y a eu, la chaleur et l'insoutenable torpeur .
Ma laine merino qui me collait aux côtes

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