monthly written entries of incidental incoherent thoughts made tangible. A blog of a journey through chaos, words colliding into images. Language colliding in architexture. Life colliding into art.

Wednesday, July 04, 2007

Pris pour Paris





Départ de Bordeaux à 2 heures am, arrivée à Nanterre-préfecture10h00 am. Chöpi nous y a conduit comme un superhéro. On laisse la petite famille pour s’engouffrer dans le RER rouge direction Chatelet. Ça sent déjas mauvais. Ça me titille, soudainement, la crasse de la banlieue, m’ennivre. Je vais silloner Paris avec ma fille Jéricho, je vais pouvoir, m’asseoir aux Tuileries, et lui parler de ma maman. Je me rend compte que je n’ai pas grand chose à dire. Ce que j’ai ressenti, il y a 15 ans, assise avec ma maman, je ne sais si je pourrais le décrire. Peut-être du haut de mes 20 ans, ai-je compris combien la vie est éphémère. Expliquer ça à une petite de 8 ans, c’est délicat, surtout que les détails de mon souvenir ne collent pas trop avec ce que sont les tuileries aujourd’hui. Les immeubles qui contournent la place sont très propres. La place est remplie de monde. Alors qu’à l’époque lors de mon épiphanie:
il s’agissait d’une réalisation profonde, là, parmis l’odeur particulière de ces buissons aux petites, toutes petites feuilles brillantes et lisses, les petits cailloux, imitants le sable grossit à la loupe, la géométrie propre à l’europe. Je réalise que rien ne reste là figé, sauf peut-être justement les souvenirs. Les oiseaux chantaient, et aux prises avec le chatoiement de Paris, de mon jeune âge, de la mort imminente de ma maman je n’avais pas remarqué le chants des oiseaux, qui l’avaient ému, je ne me souviens même pas très bien ce qu’elle m’a dit, sauf que je me suis dit à ce moment là, qu’elle était plus là qu’elle ne l’avait jamais été: présente, entièrement présente, les oreilles tendues aux moindre son, les sens délicats comme les antennes d’escargots. Elle était là.
Parler est une chose bien compliquée, souvent on partage très peu en se parlant.
il me semble que ce jour là tout s’est dit à l’intérieur de ce moment que nous avons partagé dans le silence en écoutant ensemble, ce qui nous entourait, rien d’extraordinaire, ou comme dit si bien ma fille tout d'extraordinaire d’ultra ordinaire. C’est le silence.
aujourd’hui avec ma fille l’histoire que j’ai à lui partager me semble fade, les gens sont assis pêle mêle, le jardin des Tuileries est bondé de monde, c’est fascinant, mais il n’y a rien qui ressemble à une épiphanie.
Étrangement, Les générations se confondent, à Paris tout est là depuis si longtemps, tout a une histoire solide, même l’odeur de Paris ne change pas.
Je trouve la vie et ses sillons dans l'invisible ahurrissants.
Je lis Perec, W ou le souvenir d'enfance.
Paris, un bouillon,
d’histoire,
d’odeurs,
le père lachaise
la musardine
Belleville
Ménilmontant
Orry La Ville-Coye La forêt.
le potager de Bogar.
le thaumatrope de la cinémathèque.
le cubicule du personnage mythique de Pierre François Maquaire et ses flipbooks.
les pigeons des halles.
le monoxyde de carbone qui monte jusque dans le lit à mes narines dès 9 heures am rue vincent auriole.
les petits suisses.
la gomme Hollywood.
les abricots de franprix
les cerises du marché à Belleville.
la tour Eiffel.
les musées.
le grand palais
Hanselm keiffer
niki de st-phalle
les sucettes au citron vert.
le dernier croissant qui reste à 10 heures du matin qu'on finit par se partager en deux, en trois, en quatre
les ballerines noires... chez les petites...

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